« Cent euros par mois, ça ne sert à rien, autant garder ça sur mon Livret A. » Je ne compte plus les fois où j'ai entendu cette phrase en agence, prononcée avec un mélange de résignation et de bon sens apparent. Et pourtant, c'est faux. Cent euros placés chaque mois pendant vingt ans, avec un peu de méthode, ce n'est pas une petite somme. C'est souvent la différence entre subir sa retraite et la choisir. Encore faut-il s'y prendre correctement, et surtout, comprendre dans quoi on met les pieds.
Investir n'est pas épargner. Sur un livret, votre capital est garanti. En investissant, vous acceptez un risque de perte en capital en échange d'un rendement potentiel plus élevé sur le long terme. Cette distinction est tout sauf un détail, c'est le cœur du sujet. Dans ce guide, je vais vous présenter six stratégies concrètes pour investir 100 euros par mois, avec un exemple chiffré et prudent, les bons supports, et un avertissement que je répéterai sans relâche : on n'investit que ce dont on n'a pas besoin à court terme, et jamais avant d'avoir constitué un matelas de sécurité.
- Avant d'investir : le fonds d'urgence d'abord
- Pourquoi 100 euros par mois changent la donne
- Stratégie 1 : le versement programmé sur assurance vie
- Stratégie 2 : les ETF en PEA, en investissement progressif (DCA)
- Stratégie 3 : le fonds euros pour la part sécurisée
- Stratégie 4 : le mix prudent ou dynamique selon votre âge
- Stratégie 5 : traquer et réduire les frais
- Stratégie 6 : garder un fonds d'urgence intact, toujours
- Quelle stratégie pour quel profil
- L'exemple chiffré d'Inès sur 10 et 20 ans
- Les risques que je veux vous rappeler
- Questions fréquentes
Avant d'investir : le fonds d'urgence d'abord
Je vais commencer par ce qui devrait vous freiner, pas par ce qui vous fait rêver. Avant de placer le moindre euro sur un support qui fluctue, vous devez disposer d'une épargne de précaution disponible immédiatement. C'est la règle numéro un, celle que je n'ai jamais transigée en quinze ans de bureau. Sans ce matelas, le premier imprévu vous forcera à vendre vos placements au pire moment, souvent en perte.
Pourquoi est-ce si crucial ? Parce que les marchés montent et descendent. Si votre voiture lâche un mois où votre placement a baissé de 15 %, vous serez contraint de vendre à perte pour payer le garagiste. Le fonds d'urgence, lui, reste sur un livret garanti et liquide, prêt à absorber le choc. Il protège vos investissements autant que votre tranquillité d'esprit.
Combien viser ? En général, l'équivalent de trois à six mois de dépenses courantes. Je détaille la marche à suivre et le montant adapté à chaque situation dans mon guide sur le fonds d'urgence et la somme à mettre de côté. Tant que ce coussin n'est pas constitué, je vous demande de ne pas investir. Continuez d'abord à épargner chaque mois avec méthode, puis revenez ici.
On investit uniquement de l'argent dont on n'aura pas besoin avant cinq à huit ans, et seulement une fois le fonds d'urgence constitué. Investir un argent qu'on devra retirer dans deux ans, c'est jouer à pile ou face avec son budget.
Pourquoi 100 euros par mois changent la donne
Le moteur de l'investissement de long terme porte un nom : les intérêts composés. Le principe est simple. Chaque année, vos gains éventuels génèrent à leur tour des gains. L'effet est faible au début, presque décevant, puis il s'accélère avec le temps. C'est précisément pour cela que commencer tôt, même petit, bat presque toujours commencer tard avec de grosses sommes.
Prenons un ordre de grandeur. Cent euros par mois pendant vingt ans, cela représente 24 000 euros versés de votre poche. Avec un rendement annuel moyen hypothétique, l'enveloppe peut dépasser nettement cette somme. Je détaillerai un calcul prudent plus bas, mais retenez l'idée : ce n'est pas le montant mensuel qui fait la richesse, c'est la durée et la régularité.
J'insiste tout de suite sur un point. Tout rendement évoqué dans cet article est une simulation, jamais une promesse. Les marchés peuvent reculer pendant plusieurs années. Les performances passées ne préjugent jamais des performances futures, et le capital n'est pas garanti. Gardez cette phrase en tête à chaque chiffre que je vous donnerai. Elle n'est pas une formule juridique, c'est la réalité.
La force de l'investissement régulier ne vient pas du montant, mais de deux ingrédients : le temps et la constance. Cent euros versés tous les mois sans interruption pèsent davantage qu'un gros effort ponctuel suivi d'un abandon.
Stratégie 1 : le versement programmé sur assurance vie
Pour beaucoup de débutants, l'assurance vie est la porte d'entrée la plus douce. Ce n'est pas un produit unique mais une enveloppe, à l'intérieur de laquelle vous logez deux grandes familles de supports : le fonds euros, sécurisé, et les unités de compte, plus risquées mais potentiellement plus rémunératrices. Vous pouvez programmer un versement automatique mensuel, exactement comme un virement d'épargne.
L'intérêt du versement programmé est double. D'abord, il automatise l'effort, donc il supprime la tentation de sauter un mois. Ensuite, il lisse votre prix d'entrée sur les marchés, ce que les anglophones appellent le Dollar Cost Averaging, j'y reviens dans la stratégie suivante. Vous configurez 100 euros le 5 de chaque mois, et vous oubliez. C'est la simplicité qui fait tenir dans la durée.
L'assurance vie offre aussi une fiscalité qui s'allège avec le temps, particulièrement avantageuse après huit ans de détention. Je consacre un guide entier à ce produit pour les débutants : si vous partez de zéro, lisez d'abord l'assurance vie expliquée pour débuter. Vous y verrez comment choisir un contrat aux frais réduits, ce qui change radicalement le résultat final.
Un mot d'attention. Toutes les assurances vie ne se valent pas. Certaines, vendues en agence, cumulent des frais sur versement et des frais de gestion élevés qui grignotent vos rendements. Privilégiez les contrats en ligne sans frais d'entrée. La part investie en unités de compte présente un risque de perte en capital, l'assureur ne garantit que les sommes placées sur le fonds euros, et encore, hors frais.
Stratégie 2 : les ETF en PEA, en investissement progressif (DCA)
Si vous acceptez un horizon long et un risque assumé, les ETF logés dans un PEA sont l'une des solutions les plus efficaces pour un petit budget. Un ETF, ou tracker, est un fonds qui réplique un indice boursier, par exemple un large panier d'actions internationales. Vous achetez en une seule fois des centaines d'entreprises, ce qui dilue le risque lié à une société isolée.
Le PEA, plan d'épargne en actions, est une enveloppe fiscale française. Après cinq ans de détention, les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu, restent dus les prélèvements sociaux. Les règles de fonctionnement et de fiscalité sont décrites sur le site officiel service-public.fr, rubrique Plan d'épargne en actions (informations consultées en juin 2026, susceptibles d'évoluer). Vérifiez toujours les conditions en vigueur avant d'ouvrir un plan.
Le DCA, ou investissement progressif, consiste à investir une somme fixe à intervalle régulier, ici 100 euros par mois, quelle que soit la situation du marché. Quand les cours sont bas, vos 100 euros achètent plus de parts. Quand ils sont hauts, ils en achètent moins. Sur la durée, vous lissez votre prix d'achat et vous évitez le piège classique du débutant : tenter de deviner le bon moment pour entrer, et se tromper.
L'Autorité des marchés financiers le rappelle régulièrement : investir progressivement et sur le long terme aide à traverser les phases de baisse sans paniquer. Je vous renvoie à ses ressources pédagogiques sur l'espace épargnants de l'AMF (consulté en juin 2026), qui détaille les risques des placements en actions et les bons réflexes. Gardez en tête que la bourse peut reculer durablement, et que le capital investi en ETF n'est jamais garanti.
Investir progressivement, c'est verser la même somme chaque mois sans chercher à anticiper les marchés. Vous achetez mécaniquement plus quand c'est bas, moins quand c'est haut. Ce n'est pas magique, mais cela vous protège de votre pire ennemi en bourse : vos propres émotions.
Stratégie 3 : le fonds euros pour la part sécurisée
Tout n'a pas à être risqué. Le fonds euros, disponible dans la plupart des assurances vie, offre une garantie du capital versé, hors frais, par l'assureur. Son rendement est modeste mais il ne perd pas de valeur d'une année sur l'autre. C'est le socle prudent sur lequel vous pouvez bâtir, surtout si l'idée de voir votre épargne fluctuer vous empêche de dormir.
Concrètement, vous pouvez répartir vos 100 euros mensuels entre une part en fonds euros et une part en unités de compte. Par exemple 50 euros sécurisés et 50 euros investis sur un support actions. Cette répartition dépend entièrement de votre tolérance au risque et de votre horizon. Plus l'échéance est lointaine, plus vous pouvez accepter de risque sur une part importante.
Le fonds euros a connu des années de rendement faible, parfois proche de l'inflation, ce qui signifie que votre pouvoir d'achat stagnait. Il a un peu repris des couleurs récemment, mais ne misez pas tout dessus pour viser un rendement élevé. Voyez-le comme un amortisseur, pas comme un moteur. C'est la jambe prudente d'un investissement qui en compte deux.
Stratégie 4 : le mix prudent ou dynamique selon votre âge
Il n'existe pas une bonne répartition universelle, il existe la vôtre, qui dépend surtout du temps qui vous sépare de votre objectif. Le principe général que je transmettais en agence est simple : plus vous êtes jeune, plus vous pouvez accepter une part risquée élevée, parce que vous avez le temps d'encaisser et de récupérer les baisses. Le temps est votre meilleur amortisseur.
Une personne de 26 ans qui investit pour sa retraite a près de quarante ans devant elle. Elle peut envisager une part importante en actions, tout en restant lucide sur les secousses. À l'inverse, quelqu'un qui approche d'un projet à cinq ans, comme un apport immobilier, devra sécuriser progressivement, en réduisant la part risquée à mesure que l'échéance approche. Sécuriser à temps évite de voir son projet s'envoler dans une baisse.
Une règle de pouce souvent citée propose de réduire la part risquée avec l'âge, sans jamais la prendre au pied de la lettre. Elle n'est qu'un point de départ. Votre situation personnelle, vos revenus, votre capacité à supporter une baisse comptent autant que votre âge. Si une chute de 20 % vous ferait paniquer et tout vendre, votre part risquée est trop élevée, quel que soit votre âge théorique.
Pensez aussi à la préparation de la retraite à part entière. Le Plan d'épargne retraite offre un cadre dédié, avec un avantage fiscal à l'entrée mais une épargne bloquée jusqu'à la retraite, sauf cas de déblocage. Je le compare en détail dans mon guide sur le PER, le plan d'épargne retraite. Selon votre tranche d'imposition, il peut compléter utilement une assurance vie ou un PEA.
Stratégie 5 : traquer et réduire les frais
Voici le levier le plus sous-estimé, et de loin. Sur de longues durées, les frais grignotent une part énorme de vos gains, sans que vous le voyiez passer. Un point de frais en plus par an semble dérisoire. Sur vingt ans, il peut représenter plusieurs milliers d'euros de différence sur un effort de 100 euros mensuels. C'est de l'argent qui sort de votre poche pour rien.
Quels frais surveiller ? Les frais sur versement, prélevés à chaque dépôt, à fuir absolument. Les frais de gestion annuels, prélevés sur l'encours, à comparer scrupuleusement. Les frais des supports eux-mêmes, plus élevés sur les fonds gérés activement que sur les ETF indiciels. Un contrat moderne en ligne affiche souvent zéro frais d'entrée et des frais de gestion réduits, là où certains contrats anciens en cumulent plusieurs couches.
Mon conseil pratique : avant de signer quoi que ce soit, demandez le détail complet des frais par écrit et comparez au moins trois offres. Sur un investissement de très long terme, choisir un contrat à frais réduits est probablement la décision la plus rentable que vous prendrez, bien plus que de tenter de choisir le bon moment ou le bon fonds. L'AMF rappelle d'ailleurs l'importance de comparer les frais avant tout placement.
Entre un contrat à 0,5 % de frais annuels et un autre à 2 %, l'écart paraît minime. Sur vingt ans de versements réguliers, il peut amputer le résultat final de l'équivalent de plusieurs années de versements. Comparez les frais avant tout le reste.
Stratégie 6 : garder un fonds d'urgence intact, toujours
Je termine la liste des stratégies par celle qui les sous-tend toutes, parce qu'elle est trop souvent oubliée dans l'enthousiasme du début. Une fois que vous investissez, votre fonds d'urgence ne doit jamais servir de variable d'ajustement. Il reste intact, sur un support garanti et disponible, séparé de vos placements. C'est lui qui vous permet de ne jamais vendre en catastrophe.
J'ai vu trop de personnes, grisées par une bonne performance, transférer leur matelas de sécurité vers la bourse pour « ne pas laisser dormir cet argent ». Puis un imprévu arrivait, le marché baissait, et elles vendaient en perte. Le fonds d'urgence n'est pas censé rapporter, il est censé exister. Sa rentabilité, c'est la sérénité qu'il vous procure et les ventes forcées qu'il vous évite.
Concrètement, tenez deux poches strictement séparées. La poche sécurité, sur un livret réglementé, intouchable, calibrée sur trois à six mois de dépenses. La poche investissement, alimentée par vos 100 euros mensuels, que vous laissez travailler sur le long terme sans y toucher. Ne mélangez jamais les deux. Cette discipline simple est ce qui distingue un investisseur serein d'un parieur stressé.
Quelle stratégie pour quel profil
Pour vous aider à y voir clair, voici un tableau qui résume les grandes options selon leur niveau de risque, leur horizon recommandé et le profil auquel elles conviennent le mieux. Lisez-le comme une boussole, pas comme une prescription. Votre situation personnelle prime toujours, et rien ne remplace un avis adapté à votre cas.
| Stratégie | Niveau de risque | Horizon conseillé | Pour qui |
|---|---|---|---|
| Fonds euros (assurance vie) | Faible, capital garanti hors frais | 2 ans et plus | Profil prudent, qui veut éviter les fluctuations |
| Assurance vie en versement programmé (mixte) | Modulable selon la part en unités de compte | 8 ans et plus | Débutant qui veut une enveloppe souple et fiscalement douce |
| ETF en PEA, en DCA | Élevé, perte en capital possible | 8 ans et plus, idéalement 15 ans | Investisseur jeune ou patient, qui accepte les secousses |
| Mix prudent et dynamique | Modéré, ajusté à l'âge | 5 à 10 ans et plus | La plupart des profils, à doser selon la tolérance au risque |
| PER | Modulable, épargne bloquée | Jusqu'à la retraite | Personne fortement imposée préparant sa retraite |
Transparence : ce site peut contenir des liens vers des partenaires. Cela n'influence ni mes analyses ni mes recommandations, qui restent guidées par votre seul intérêt. Je ne touche aucune commission sur les produits cités ici, et je vous encourage toujours à comparer plusieurs offres avant de décider.
L'exemple chiffré d'Inès sur 10 et 20 ans
Mettons des chiffres concrets, avec un cas réaliste et prudent. Inès a 26 ans, elle est infographiste, gagne 2 100 euros nets par mois et vient de terminer de constituer son fonds d'urgence de 4 500 euros sur un livret. Elle décide d'investir 100 euros par mois pour préparer l'avenir, sans projet précis à court terme. Elle ne touchera pas à cet argent avant longtemps, c'est sa condition de départ.
Elle ouvre une assurance vie en ligne à frais réduits et programme un versement automatique de 100 euros le 5 de chaque mois. Elle choisit une répartition équilibrée pour son âge, environ 70 % en unités de compte sur un ETF mondial et 30 % en fonds euros. Elle accepte l'idée que la valeur va monter et descendre, et qu'elle ne regardera son contrat que deux fois par an, pour ne pas céder à la panique.
Prenons une hypothèse de rendement annuel moyen prudent de 4 % net de frais, tous supports confondus. Je le redis, c'est une simulation, pas une garantie : le rendement réel pourrait être plus élevé, ou plus faible, voire négatif sur certaines périodes. Au bout de 10 ans, Inès aura versé 12 000 euros. Avec ces hypothèses, son enveloppe pourrait avoisiner 14 700 euros, soit environ 2 700 euros de gains potentiels.
Poursuivons sur 20 ans. Inès aura versé 24 000 euros de sa poche. Toujours avec cette hypothèse prudente de 4 % annuel moyen, l'enveloppe pourrait approcher 36 700 euros, soit près de 12 700 euros de gains potentiels. Voilà l'effet des intérêts composés et de la durée : la deuxième décennie rapporte bien plus que la première, car les gains des premières années travaillent à leur tour.
Versement : 100 € par mois, hypothèse prudente de 4 % de rendement annuel moyen net. Sur 10 ans : 12 000 € versés, environ 14 700 € d'enveloppe simulée. Sur 20 ans : 24 000 € versés, environ 36 700 € d'enveloppe simulée. Ces montants sont une simulation, le capital n'est pas garanti et le résultat réel peut être inférieur, voire en perte sur certaines périodes.
Que faut-il retenir de cet exemple ? D'abord que la régularité d'Inès compte davantage que sa performance. Ensuite que le temps fait le gros du travail. Enfin, et surtout, que ces chiffres sont une projection théorique. Si elle avait choisi une part risquée plus forte, le potentiel de gain comme de perte aurait été plus élevé. Adaptez toujours l'exemple à votre propre tolérance, pas à celle d'Inès.
Les risques que je veux vous rappeler
Je ne serais pas honnête si je terminais sur des chiffres flatteurs sans revenir aux risques. Le premier, le plus important, est le risque de perte en capital. Dès que vous investissez sur des unités de compte, des actions ou des ETF, votre épargne peut valoir moins que ce que vous avez versé, parfois pendant plusieurs années. Personne ne peut vous promettre le contraire, et méfiez-vous de quiconque le ferait.
Le deuxième risque est celui de l'horizon mal calibré. Investir de l'argent dont vous aurez besoin dans deux ans est une erreur classique. Si le marché baisse au mauvais moment, vous vendez en perte. L'investissement en actions se raisonne sur huit ans minimum, idéalement quinze ans et plus. En dessous, restez sur des supports garantis et liquides. L'horizon n'est pas un détail, c'est une condition de sécurité.
Le troisième risque est comportemental, et c'est souvent le pire. Beaucoup d'épargnants vendent quand tout baisse, par peur, puis rachètent quand tout est remonté, par regret. Ils font exactement l'inverse de ce qu'il faudrait. Le versement programmé et le DCA sont justement conçus pour neutraliser ces réflexes. L'AMF met en garde contre ces comportements et contre les promesses de rendement irréalistes que l'on croise un peu partout en ligne.
Dernier point de vigilance, les arnaques. Méfiez-vous des placements miracles, des promesses de rendement garanti à deux chiffres, des sollicitations pressantes sur les réseaux. L'AMF publie des listes noires d'acteurs non autorisés. Avant d'investir auprès d'un intermédiaire, vérifiez qu'il est bien autorisé. Un rendement élevé sans risque n'existe pas, et toute personne qui vous l'affirme cherche probablement à vous tromper.
Investir comporte un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. N'investissez que de l'argent dont vous n'avez pas besoin à court terme, sur un horizon long, après avoir constitué votre fonds d'urgence.
Questions fréquentes
Est-ce que cela vaut vraiment le coup d'investir seulement 100 euros par mois ?
Oui, à condition de jouer la durée. Cent euros par mois ne vous enrichiront pas en deux ans, mais sur quinze ou vingt ans, l'effet des intérêts composés devient significatif. Le montant compte moins que la régularité et l'horizon. Commencer tôt avec une petite somme bat presque toujours commencer tard avec une grosse. L'essentiel est de ne jamais avoir besoin de retirer cet argent au mauvais moment, donc d'investir uniquement une épargne de long terme.
Quelle différence entre épargner et investir ?
Épargner, c'est mettre de l'argent de côté sur un support garanti et disponible, comme un livret. Le capital ne bouge pas, mais le rendement est faible. Investir, c'est placer sur des supports qui peuvent monter mais aussi baisser, comme des actions ou des ETF, en échange d'un rendement potentiel plus élevé sur le long terme. L'investissement comporte un risque de perte en capital, l'épargne garantie non. On épargne d'abord pour sa sécurité, on investit ensuite pour le long terme.
Assurance vie ou PEA pour débuter avec 100 euros ?
Les deux sont de bonnes enveloppes, et elles ne s'excluent pas. L'assurance vie est plus souple, permet de mélanger fonds euros sécurisé et unités de compte, et offre une fiscalité douce après huit ans. Le PEA est dédié aux actions et ETF européens et internationaux éligibles, avec une fiscalité avantageuse après cinq ans. Pour un premier pas très simple et un profil prudent, l'assurance vie en ligne à frais réduits est souvent plus accessible. Comparez les frais avant de choisir, c'est ce qui fera la différence.
Que se passe-t-il si la bourse chute après que j'ai commencé ?
C'est une situation normale, pas un accident. Sur un horizon long, vous traverserez forcément plusieurs baisses. La force du versement programmé, c'est qu'une baisse vous fait acheter davantage de parts pour vos 100 euros, ce qui joue en votre faveur sur la durée. L'erreur serait de vendre par panique et de cristalliser la perte. Si vous avez investi de l'argent dont vous n'avez pas besoin à court terme, et que votre fonds d'urgence est intact, vous pouvez attendre sereinement que les marchés se redressent.
Faut-il un gros capital de départ pour investir ?
Non, et c'est tout l'intérêt du versement programmé. La plupart des contrats en ligne acceptent des versements mensuels à partir de quelques dizaines d'euros, sans capital initial important. Vous pouvez démarrer avec 50 ou 100 euros par mois, puis augmenter quand vos revenus le permettent. L'important n'est pas de commencer gros, mais de commencer tôt et de tenir dans la durée. La régularité bat le montant, encore et toujours.
Les rendements annoncés sont-ils garantis ?
Non, jamais, sauf pour le fonds euros qui garantit le capital versé hors frais. Tous les autres rendements évoqués, y compris dans mon exemple chiffré, sont des hypothèses ou des simulations. Le rendement réel peut être supérieur, inférieur, ou négatif sur certaines périodes. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. C'est une règle absolue de l'investissement, et tout intermédiaire sérieux vous le rappellera. Fuyez les promesses de rendement garanti élevé, ce sont presque toujours des arnaques.
Par où commencer cette semaine
Si vous deviez retenir une seule chose, ce serait l'ordre des priorités. D'abord, vérifiez que votre fonds d'urgence est bien constitué, à hauteur de trois à six mois de dépenses, sur un livret garanti. Tant que ce n'est pas le cas, n'investissez pas, continuez à mettre de côté. C'est la fondation, et aucune stratégie d'investissement ne tient sans elle. Je le répète parce que c'est ce qui protège tout le reste.
Ensuite, une fois ce matelas en place, ouvrez une enveloppe adaptée à votre profil, assurance vie en ligne ou PEA, en comparant scrupuleusement les frais. Programmez un versement automatique de 100 euros, choisissez une répartition cohérente avec votre âge et votre tolérance au risque, puis laissez le temps travailler. Ne regardez pas votre contrat tous les jours, cela ne sert qu'à nourrir l'angoisse. Si vous débutez vraiment, commencez par lire mon guide sur l'assurance vie pour débuter, c'est la suite logique de cette lecture.
Un dernier mot, celui que je glissais toujours à mes clients avant qu'ils ne signent quoi que ce soit. Investir n'est pas un sprint, ni un pari. C'est une décision tranquille que l'on prend une fois, puis que l'on laisse vivre pendant des années. Acceptez les hauts et les bas, ne touchez pas à votre fonds d'urgence, gardez des frais bas, et le temps fera le reste. Cent euros par mois, posés avec méthode, c'est un petit geste aujourd'hui et une vraie liberté demain.
- Autorité des marchés financiers (AMF), espace épargnants : risques, investissement progressif et mises en garde (consulté en juin 2026, contenus susceptibles d'évoluer).
- Service-public.fr, Plan d'épargne en actions (PEA) : fonctionnement et fiscalité (consulté en juin 2026, règles et seuils susceptibles d'évoluer). Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Michel Avenel
Pendant 15 ans, j'ai accompagné en agence des centaines de familles sur leur budget, leur épargne et leurs crédits. Je connais les blocages concrets, parce que je les ai vus de l'autre côté du bureau. Aujourd'hui indépendant, je partage ces méthodes sans rien avoir à vous vendre.
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