« Michel, entre le Livret A et le LDDS, lequel je prends ? » Cette question, je l'ai entendue des centaines de fois de l'autre côté de mon bureau d'agence. Et presque à chaque fois, je devais commencer par démonter une fausse croyance : ces deux livrets ne sont pas des concurrents qu'il faudrait départager. Ce sont deux outils très proches, avec le même taux et la même fiscalité, mais quelques différences précises qui changent tout selon votre situation et vos projets.
La vérité, c'est que pour la plupart des gens, la bonne réponse n'est pas « l'un ou l'autre », mais « les deux, dans le bon ordre ». Reste à comprendre pourquoi, et à savoir lequel ouvrir en premier, lequel remplir d'abord, et quoi faire quand vous touchez un plafond. Dans ce guide, je compare le Livret A et le LDDS sur cinq critères concrets, avec un tableau clair et un exemple chiffré tiré de situations réelles. À la fin, vous saurez exactement quoi faire de vos économies de précaution.
- Livret A et LDDS : de quoi parle-t-on
- Le comparatif complet en un coup d'oeil
- Critère 1 : le taux de rémunération
- Critère 2 : le plafond de dépôt
- Critère 3 : les conditions d'ouverture et l'âge
- Critère 4 : la fiscalité et la disponibilité
- Critère 5 : l'usage de votre argent
- L'exemple de Christine, 55 ans
- Dans quel ordre les remplir
- Questions fréquentes
Livret A et LDDS : de quoi parle-t-on
Commençons par poser les bases, parce que beaucoup de gens utilisent ces livrets depuis des années sans vraiment savoir ce qu'ils sont. Le Livret A est le plus ancien produit d'épargne réglementée en France. Il a été créé au début du dix-neuvième siècle et reste aujourd'hui le livret le plus détenu du pays. Quasiment chaque foyer en possède un, parfois ouvert quand on était enfant.
Le LDDS, ou Livret de Développement Durable et Solidaire, est plus récent. On l'a longtemps appelé Codevi, puis LDD, avant qu'il prenne son nom actuel. C'est un cousin très proche du Livret A. Même nature réglementée, même taux fixé par l'État, même exonération fiscale. La différence se niche dans les détails, et c'est précisément ce que nous allons éplucher.
Ces deux livrets partagent une chose essentielle : ce sont des produits réglementés. Cela signifie que c'est l'État, et non votre banque, qui fixe leur taux et leurs règles. Votre conseiller ne peut ni vous proposer un meilleur taux, ni gagner une commission en vous orientant vers l'un plutôt que l'autre. C'est rare dans la banque, et je trouve ça plutôt sain.
Transparence totale. Le Livret A et le LDDS sont des produits réglementés par l'État. Aucune banque ne me verse, et ne pourrait me verser, la moindre commission sur ces livrets. Je n'ai donc strictement aucun intérêt à vous pousser vers l'un ou l'autre. Ce que vous lisez ici est uniquement le fruit de mes quinze ans passés à expliquer ces produits en agence, sans rien à vous vendre.
Le comparatif complet en un coup d'oeil
Avant d'entrer dans le détail critère par critère, voici un tableau récapitulatif. Gardez-le sous les yeux, il résume l'essentiel de la comparaison. Je commente chaque ligne longuement dans les sections suivantes, mais ce panorama vous donne déjà une bonne photographie des ressemblances et des écarts entre les deux livrets.
| Critère | Livret A | LDDS |
|---|---|---|
| Taux de rémunération | 2,4 % net (au 1er février 2025) | 2,4 % net (au 1er février 2025) |
| Plafond de dépôt | 22 950 € | 12 000 € |
| Conditions d'ouverture / âge | Toute personne, dès la naissance, même mineur | Majeur fiscalement domicilié en France |
| Nombre par personne | Un seul, toutes banques confondues | Un seul, toutes banques confondues |
| Fiscalité | Intérêts exonérés d'impôt et de prélèvements sociaux | Intérêts exonérés d'impôt et de prélèvements sociaux |
| Disponibilité de l'argent | Totale, retrait à tout moment sans frais | Totale, retrait à tout moment sans frais |
| Usage des fonds collectés | Logement social, collectivités locales | Économie sociale, transition écologique, dons aux associations |
| Versement minimum | Souvent 10 € à l'ouverture selon la banque | Souvent 10 € à l'ouverture selon la banque |
Vous le voyez tout de suite : sur le taux, la fiscalité et la disponibilité, les deux livrets sont strictement identiques. Les vraies différences tiennent au plafond, aux conditions d'ouverture et à la destination de votre argent. Ce sont ces trois points qui vont nous occuper, parce que ce sont eux qui doivent guider votre choix.
Critère 1 : le taux de rémunération
Commençons par ce qui intéresse tout le monde en premier : combien ça rapporte. Et là, je vais être direct, il n'y a aucune différence. Le Livret A et le LDDS partagent exactement le même taux, fixé par les pouvoirs publics selon une formule de calcul officielle. Quand le taux du Livret A bouge, celui du LDDS bouge en même temps et dans les mêmes proportions.
Au 1er février 2025, ce taux est de 2,4 % net, comme le précise la fiche officielle de service-public.fr sur le Livret A. Ce taux est révisé deux fois par an en principe, au 1er février et au 1er août, mais l'État peut décider de le geler ou de l'ajuster selon le contexte économique. Vérifiez donc toujours la valeur en vigueur avant de prendre une décision, car ces chiffres évoluent.
En agence, je voyais souvent des clients persuadés que leur banque pouvait « négocier » un meilleur taux sur ces livrets. C'est faux, et c'est important de le comprendre. Aucun établissement, qu'il soit traditionnel ou en ligne, ne peut vous offrir un Livret A à 3 % quand l'État l'a fixé à 2,4 %. Le taux est le même partout. Ne perdez donc pas de temps à comparer les banques sur ce point précis.
Une nuance mérite d'être signalée. Comme les intérêts sont calculés par quinzaine, déposez idéalement en fin de quinzaine, vers le 14 ou le 29 du mois, et retirez en début de quinzaine. Cette petite optimisation joue à la marge, mais elle est valable à l'identique sur les deux livrets. Sur le taux, donc, départager le Livret A et le LDDS n'a aucun sens.
Livret A et LDDS affichent le même taux réglementé, identique dans toutes les banques. Choisir l'un pour son rendement plutôt que l'autre n'a aucun sens : ils rapportent exactement la même chose, au centime près.
Critère 2 : le plafond de dépôt
Voici la première vraie différence, et la plus structurante. Le plafond, c'est la somme maximale que vous pouvez déposer sur le livret, hors intérêts capitalisés. Et là, les deux produits ne jouent pas dans la même cour. Le Livret A est plafonné à 22 950 euros, tandis que le LDDS s'arrête à 12 000 euros.
Concrètement, cela veut dire que le Livret A peut absorber près du double de ce que le LDDS accepte. Pour une personne qui dispose d'une épargne de précaution confortable, ou qui place le produit de la vente d'un bien en attendant un projet, cette différence est loin d'être anecdotique. Le Livret A offre tout simplement plus de capacité.
Précision utile : ces plafonds s'entendent par personne, et non par foyer. Dans un couple, chacun peut donc avoir son propre Livret A et son propre LDDS. À deux, vous pouvez ainsi loger 45 900 euros sur vos deux Livrets A, plus 24 000 euros sur vos deux LDDS, soit près de 70 000 euros d'épargne totalement disponible et exonérée. De quoi voir venir pour la grande majorité des ménages.
Attention toutefois, les intérêts annuels peuvent porter votre solde au-delà du plafond, et c'est parfaitement légal. Ce que la loi interdit, ce sont les versements une fois le plafond atteint. Vous ne pouvez pas avoir deux Livrets A, ni deux LDDS, même dans des banques différentes. Un seul de chaque par personne, c'est la règle, et les fichiers fiscaux permettent de la contrôler.
Critère 3 : les conditions d'ouverture et l'âge
Deuxième différence notable : qui peut ouvrir quoi. Le Livret A est d'une accessibilité totale. Il peut être ouvert dès la naissance, par n'importe qui, y compris un mineur, et même une association ou un organisme. C'est pour cette raison que tant de parents ouvrent un Livret A à leurs enfants dès le berceau. C'est un réflexe que je recommandais d'ailleurs souvent.
Le LDDS est plus restrictif. Pour l'ouvrir, il faut être majeur et fiscalement domicilié en France. Un enfant mineur ne peut donc pas en détenir un, sauf cas très particulier d'un mineur disposant de revenus propres et imposé séparément. En pratique, retenez que le LDDS est réservé aux adultes, là où le Livret A est ouvert à tous les âges.
Cette différence a une conséquence concrète. Si vous voulez constituer une épargne pour votre enfant ou votre petit-enfant, le Livret A est votre seule option parmi ces deux produits. Je me souviens d'une grand-mère qui voulait absolument un LDDS au nom de son petit-fils de huit ans, persuadée que c'était mieux. J'ai dû lui expliquer gentiment que ce n'était pas possible, et que le Livret A faisait parfaitement l'affaire.
Pour un adulte, en revanche, cette différence ne change rien, puisque vous êtes éligible aux deux. La condition d'âge ne devient un critère de choix que dans une logique de transmission ou d'épargne pour un mineur. Dans ce cas précis, le débat Livret A ou LDDS est tranché d'avance : ce sera le Livret A.
Critère 4 : la fiscalité et la disponibilité
Sur ce double critère, je vais être bref, car il n'y a là encore aucune différence, et c'est une excellente nouvelle. Les intérêts du Livret A comme ceux du LDDS sont totalement exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Vous ne payez rien sur ce que ces livrets vous rapportent. Pas de flat tax, pas de CSG, rien.
C'est ce qui fait toute leur force pour l'épargne de précaution. Un taux affiché de 2,4 % sur un Livret A est un vrai 2,4 % net dans votre poche. Sur un compte à terme ou un livret bancaire classique soumis au prélèvement forfaitaire de 30 %, il faudrait un taux brut nettement supérieur pour obtenir le même rendement net. Cette exonération est un avantage considérable, souvent sous-estimé.
Côté disponibilité, là aussi, parité parfaite. Votre argent reste accessible à tout moment, sans frais, sans préavis, sans pénalité. Vous pouvez retirer la totalité demain matin si un imprévu survient. C'est exactement ce que l'on attend d'une épargne de précaution, et c'est pourquoi ces livrets sont le support idéal pour votre fonds d'urgence et le matelas de sécurité à constituer en priorité.
Cette liquidité totale a une contrepartie : ne comptez pas sur ces livrets pour faire fructifier un capital sur le long terme. Leur taux suit l'inflation de loin, parfois en dessous. Ils protègent votre argent et le gardent disponible, mais ils ne le font pas vraiment croître. Pour viser un rendement supérieur, il faudra accepter d'immobiliser et de prendre un peu de risque, ce qui est une autre histoire.
Selon le portail service-public.fr dédié au LDDS, les intérêts sont exonérés d'impôt et de prélèvements sociaux, et le plafond est fixé à 12 000 euros. Ces règles relèvent de la réglementation publique et peuvent évoluer ; vérifiez les montants en vigueur avant toute décision.
Critère 5 : l'usage de votre argent
Voici le critère le plus méconnu, et pourtant celui qui distingue vraiment les deux livrets dans leur philosophie. L'argent que vous déposez ne dort pas : il est collecté et utilisé pour financer des projets d'intérêt général. Mais le Livret A et le LDDS ne financent pas les mêmes choses, et cela peut compter si vous attachez de l'importance à la destination de votre épargne.
Les fonds du Livret A servent principalement à financer le logement social et certains besoins des collectivités locales. Une partie est centralisée à la Caisse des dépôts, qui prête ensuite aux organismes HLM pour construire et rénover des logements abordables. En plaçant sur votre Livret A, vous contribuez donc, à votre échelle, à l'effort national de logement.
Le LDDS, lui, a une vocation tournée vers l'économie sociale et solidaire et la transition écologique. Une partie des fonds finance les petites et moyennes entreprises, les travaux d'économie d'énergie et les acteurs de l'économie sociale. Autre particularité méconnue : le LDDS permet de faire des dons à des associations et à des structures de l'économie sociale et solidaire directement depuis votre livret, sur simple demande à votre banque.
Pour la plupart des épargnants, cette dimension reste secondaire face au taux et au plafond. Mais j'ai croisé des clients très sensibles à ce point, qui privilégiaient le LDDS pour son orientation solidaire et écologique. Si donner du sens à votre épargne compte pour vous, le LDDS et sa possibilité de don peuvent peser dans la balance. C'est une vraie différence de fond, au-delà des chiffres.
Le Livret A finance surtout le logement social. Le LDDS oriente l'épargne vers l'économie sociale et solidaire, la transition écologique, et permet même des dons aux associations. Une différence de vocation qui peut guider un choix de coeur.
L'exemple de Christine, 55 ans
Rien ne vaut un cas concret pour fixer les idées. Laissez-moi vous parler de Christine, une cliente que je recevais régulièrement. À 55 ans, cadre dans une PME, elle venait de toucher un héritage et avait déjà une bonne épargne de côté. Son problème était précisément celui que beaucoup rencontrent : son Livret A était plein, et elle ne savait plus où placer le surplus en sécurité.
Sa situation était la suivante. Elle avait 22 950 euros sur son Livret A, soit le plafond exact atteint. Et elle se retrouvait avec 15 000 euros supplémentaires à placer, qu'elle voulait garder disponibles pour d'éventuels travaux dans sa maison prévus d'ici deux à trois ans. Pas question de bloquer cet argent, ni de prendre le moindre risque dessus.
La réponse a été simple et évidente. Comme son Livret A ne pouvait plus rien recevoir, on a ouvert un LDDS et on y a versé 12 000 euros, soit son plafond maximal. Les 3 000 euros restants ont été placés sur un autre support disponible le temps de réfléchir. En faisant cela, Christine logeait 34 950 euros au total sur ses deux livrets réglementés, exonérés et disponibles à tout moment.
Le calcul est parlant. À 2,4 % net, ces 34 950 euros lui rapportent environ 839 euros d'intérêts par an, sans le moindre impôt ni prélèvement. Si elle avait laissé cette somme sur un compte courant, elle n'aurait touché strictement rien. Et si elle l'avait placée sur un livret bancaire fiscalisé, le prélèvement de 30 % aurait sérieusement rogné le rendement.
Livret A plein : 22 950 € au plafond. Surplus à placer : 15 000 €. Solution : ouverture d'un LDDS rempli à 12 000 €. Total sécurisé et disponible : 34 950 €, rapportant environ 839 € par an à 2,4 % net, sans aucun impôt. Le LDDS a parfaitement joué son rôle de complément quand le Livret A était saturé.
Le cas de Christine illustre parfaitement la logique que je veux vous transmettre. Le LDDS n'est pas une alternative au Livret A, c'est son prolongement naturel. Quand l'un est plein, l'autre prend le relais. Et pour quelqu'un qui dispose d'une épargne conséquente, avoir les deux est tout simplement indispensable pour profiter au maximum de l'exonération fiscale.
Dans quel ordre les remplir
Si vous n'avez qu'une petite épargne pour l'instant, la question du plafond ne se pose pas encore, et vous pouvez ouvrir l'un ou l'autre indifféremment. Mais dès que votre épargne grossit, l'ordre de remplissage devient pertinent. Voici la logique que je conseillais systématiquement à mes clients pour optimiser sans se compliquer la vie.
Ma recommandation : remplissez d'abord le Livret A jusqu'à son plafond de 22 950 euros, puis basculez sur le LDDS pour les 12 000 euros suivants. Pourquoi cet ordre ? Parce que le Livret A a la plus grande capacité, et que tant que vous n'avez pas dépassé 22 950 euros, vous n'avez besoin que d'un seul livret, ce qui simplifie le suivi. Le LDDS devient utile une fois ce premier plafond atteint.
Cela dit, cet ordre n'a rien d'obligatoire. Le taux et la fiscalité étant identiques, vous ne perdez rien à faire l'inverse. Certains préfèrent commencer par le LDDS pour son orientation solidaire, et c'est parfaitement légitime. L'essentiel est d'utiliser pleinement les deux enveloppes exonérées avant d'envisager un support fiscalisé ou un placement plus risqué.
Une fois vos deux livrets pleins, soit près de 35 000 euros par personne, la question change de nature. Vous avez alors une épargne de précaution largement suffisante, et il devient pertinent de réfléchir à des placements plus rémunérateurs pour le surplus. C'est le moment d'explorer d'autres pistes, comme je l'explique dans mon panorama du meilleur compte épargne 2026, ou de regarder du côté de l'assurance vie pour débuter à investir.
Les erreurs que je voyais le plus souvent
Avec le temps, j'ai repéré quelques pièges récurrents autour de ces deux livrets. Le premier, le plus fréquent : laisser dormir des sommes importantes sur un compte courant alors que le Livret A ou le LDDS ne sont pas pleins. Chaque mois passé ainsi, c'est de l'argent qui ne rapporte rien, alors qu'il pourrait travailler sans aucun risque ni blocage. C'est de l'argent gaspillé pour rien.
Deuxième erreur : croire qu'on peut multiplier les livrets pour contourner les plafonds. Non. Un seul Livret A et un seul LDDS par personne, toutes banques confondues. Ouvrir un second Livret A dans une autre banque est illégal et détecté par l'administration fiscale, qui peut exiger la fermeture et le reversement des intérêts indûment perçus. Ne tentez pas le coup, ça finit toujours mal.
Troisième erreur : tout miser sur ces livrets en pensant faire fructifier son patrimoine. Ce sont des outils de précaution, pas des moteurs de rendement. Une fois votre matelas de sécurité constitué et vos plafonds atteints, garder davantage sur ces supports vous fait perdre du pouvoir d'achat face à l'inflation. Le bon réflexe est alors de diversifier vers des placements adaptés à votre horizon.
Quatrième erreur, plus subtile : oublier d'ouvrir le second livret quand le premier est plein. Beaucoup de gens atteignent le plafond du Livret A, ne savent pas quoi faire, et laissent le surplus sur le compte courant par méconnaissance. Or le LDDS est juste là, prêt à prendre le relais. Comme l'a fait Christine, pensez à l'ouvrir dès que votre Livret A sature.
Adapter le choix à votre profil
Ces cinq critères forment une grille de lecture, mais leur poids varie selon qui vous êtes. Laissez-moi vous donner quelques repères selon les profils que je rencontrais le plus en agence, parce qu'un jeune actif et un retraité avec un capital n'ont pas du tout les mêmes priorités face à ces deux livrets.
Si vous débutez votre épargne avec de petits montants, peu importe lequel vous ouvrez en premier. L'important est simplement de commencer à mettre de l'argent de côté régulièrement. Le débat Livret A ou LDDS est alors purement théorique, puisque vous êtes très loin des plafonds. Concentrez votre énergie sur la régularité de vos versements plutôt que sur ce choix secondaire.
Si vous avez des enfants et souhaitez leur constituer une épargne, le Livret A s'impose, puisque c'est le seul des deux ouvrable à un mineur. Ouvrez-leur un Livret A tôt, alimentez-le doucement, et vous leur offrirez un capital de départ le jour de leur majorité. C'est un geste simple aux effets durables, que je recommandais à tous les jeunes parents.
Si vous disposez d'une épargne conséquente, comme Christine, la réponse est sans ambiguïté : ayez les deux, remplissez-les tous les deux, et profitez au maximum des près de 35 000 euros exonérés disponibles par personne. Au-delà, diversifiez. Pour bâtir votre stratégie d'épargne globale et automatiser vos versements, je vous renvoie à mon guide pour épargner chaque mois avec 7 méthodes qui marchent.
Questions fréquentes
Peut-on avoir un Livret A et un LDDS en même temps ?
Oui, et c'est même recommandé dès que votre épargne dépasse une certaine somme. Rien n'interdit de détenir les deux livrets simultanément. Au contraire, ils se complètent parfaitement : une fois votre Livret A rempli à 22 950 euros, le LDDS prend le relais pour 12 000 euros supplémentaires. La seule limite est qu'on ne peut posséder qu'un seul Livret A et un seul LDDS par personne, toutes banques confondues. Le cumul des deux produits est donc parfaitement légal et avantageux.
Le Livret A et le LDDS ont-ils vraiment le même taux ?
Oui, exactement le même, fixé par l'État et identique dans toutes les banques. Au 1er février 2025, ce taux est de 2,4 % net pour les deux livrets. Quand l'État révise le taux du Livret A, celui du LDDS suit automatiquement dans les mêmes proportions. Vous ne trouverez jamais une banque proposant un meilleur taux sur l'un que sur l'autre, car aucun établissement n'a la main sur ces taux réglementés. Comparer les deux sur le rendement n'a donc aucun intérêt.
Lequel ouvrir en premier quand on commence à épargner ?
Quand les montants sont petits, peu importe, les deux se valent puisque le taux et la fiscalité sont identiques. Si je devais trancher, je conseillerais de remplir d'abord le Livret A, car il a le plafond le plus élevé et suffit longtemps à lui seul, ce qui simplifie le suivi. Vous ouvrirez le LDDS plus tard, quand votre Livret A approchera de son plafond de 22 950 euros. Mais commencer par le LDDS, notamment pour sa dimension solidaire, reste tout à fait pertinent.
Que faire quand mon Livret A est plein ?
C'est la situation exacte de Christine dans cet article. Dès que votre Livret A atteint 22 950 euros, ouvrez un LDDS et alimentez-le jusqu'à son plafond de 12 000 euros. Vous continuerez ainsi à profiter de l'exonération fiscale et de la disponibilité totale. Une fois ces deux livrets pleins, soit près de 35 000 euros, il devient pertinent de diversifier vers d'autres supports plus rémunérateurs, car garder davantage sur ces livrets fait perdre du terrain face à l'inflation sur le long terme.
Les intérêts du Livret A et du LDDS sont-ils imposables ?
Non, et c'est leur grand atout. Les intérêts des deux livrets sont totalement exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Un taux affiché de 2,4 % correspond donc à un vrai 2,4 % net dans votre poche, sans aucune retenue. Cette exonération les rend bien plus avantageux qu'un livret bancaire classique soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30 %. C'est précisément ce qui en fait le support de référence pour une épargne de précaution sûre et accessible.
Le LDDS permet-il vraiment de faire des dons à des associations ?
Oui, c'est l'une de ses particularités les plus méconnues. Le LDDS, dont le S signifie « solidaire », permet d'affecter tout ou partie de vos fonds, ou de vos intérêts, sous forme de dons à des organismes de l'économie sociale et solidaire. Il suffit d'en faire la demande auprès de votre banque, qui vous présente une liste de structures éligibles. C'est une dimension absente du Livret A, et un argument qui séduit les épargnants attachés au sens donné à leur argent.
En résumé, faut-il choisir ?
Si vous deviez retenir une seule idée de cet article, ce serait celle-ci : la question « Livret A ou LDDS » est mal posée. Dans la grande majorité des cas, la bonne réponse est « les deux ». Ils partagent le même taux, la même fiscalité avantageuse et la même disponibilité totale. Leurs seules vraies différences, le plafond, les conditions d'âge et l'usage des fonds, en font des compléments naturels plutôt que des concurrents.
Commencez par celui que vous voulez, remplissez le Livret A jusqu'à 22 950 euros, puis ouvrez le LDDS pour 12 000 euros de plus, exactement comme Christine. Vous disposerez alors de près de 35 000 euros par personne, sécurisés, exonérés et disponibles du jour au lendemain. C'est le socle idéal d'une épargne de précaution bien construite, sur lequel tout le reste pourra s'appuyer sereinement.
La prochaine étape, une fois ces livrets en place et bien alimentés, c'est de structurer votre épargne mensuelle pour les remplir sans effort. Je vous invite à enchaîner avec mon guide pour épargner chaque mois sans y penser, qui vous donnera les automatismes concrets pour alimenter vos livrets mois après mois. Ouvrez le livret manquant cette semaine, programmez un virement automatique, et laissez le temps faire le reste.
- Service-public.fr, Livret A : plafond et taux, et Livret de développement durable et solidaire (LDDS) (taux de 2,4 % et plafonds en vigueur au 1er février 2025, susceptibles d'évoluer).
- Banque de France, information sur l'épargne réglementée et le taux du Livret A (les taux sont révisés périodiquement par les pouvoirs publics).
Michel Avenel
Pendant 15 ans, j'ai accompagné en agence des centaines de familles sur leur budget, leur épargne et leurs crédits. Je sais ce qui bloque concrètement, parce que je l'ai vu de l'autre côté du bureau. Aujourd'hui indépendant, je partage ces méthodes sans rien avoir à vous vendre.
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